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Rentrée scolaire : faire de l’enseignement secondaire un espace pour toutes et tous
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Accéder à l’enseignement secondaire, y trouver sa place et pouvoir y construire son avenir : l’inclusion est un enjeu majeur des réformes éducatives. Au Cambodge, à Djibouti et en Gambie, Expertise France accompagne des transformations qui visent à diversifier les parcours, renforcer l’égalité entre les filles et les garçons et mieux répondre aux besoins de chaque élève.
L’éducation est au cœur des Objectifs de développement durable : avec l’ODD 4, la communauté internationale s’est engagée à garantir une éducation de qualité, inclusive et équitable pour toutes et tous. Si l’accès à l’école a progressé dans de nombreuses régions du monde, les inégalités restent fortes, notamment au niveau secondaire, où les conditions sociales, le genre ou encore le handicap peuvent encore déterminer les chances de poursuivre sa scolarité et de réussir. Au-delà de l’accès, l’enjeu est donc de construire des systèmes éducatifs capables d’accueillir la diversité des élèves, de prévenir le décrochage et de proposer des parcours adaptés aux aspirations et aux capacités de chacune et chacun.
À travers ses projets, Expertise France accompagne les ministères de l’Éducation dans leurs réformes, en mobilisant l’expertise française et européenne et en favorisant les échanges entre pairs. Au Cambodge, à Djibouti et en Gambie, trois projets illustrent des approches complémentaires pour faire de l’enseignement secondaire un espace plus inclusif.
Au Cambodge, diversifier les parcours pour donner sa place à chacune et chacun
Au Cambodge, l’enseignement technique constitue une voie essentielle pour préparer les jeunes à leur insertion professionnelle et répondre aux besoins du pays en techniciens qualifiés dans les filières STIM (sciences, technologies, ingénierie et mathématiques). Financé par l’Union européenne à hauteur de 2,5 millions d’euros, le jumelage accompagne la réforme de l’enseignement technique et professionnel au niveau secondaire supérieur.
Mis en œuvre par un consortium réunissant la France, l’Allemagne et la Finlande, le projet appuie la structuration d’un système d’apprentissage en milieu professionnel, en lien étroit avec les entreprises ; l’amélioration des curricula, programmes d’enseignement et outils pédagogiques ; ainsi que la formation des enseignants, dans cinq filières clés : informatique, électricité, électronique, transformation alimentaire et mécanique.
La France, avec Expertise France et France Éducation international, coordonne la composante consacrée à la formation des enseignants initiale et continue. Experts internationaux et formateurs de formateurs travaillent ensemble à l’élaboration et mise en œuvre du nouveau plan de formation. Sept modules prioritaires ont été identifiés et élaborés afin de répondre aux besoins de développement professionnel des enseignants des filières techniques ciblées par le projet. Dans une logique de pair à pair, enseignants formateurs et responsables ministériels cambodgiens, participent également à des mobilités en Europe pour découvrir d’autres systèmes éducatifs, échanger avec leurs homologues et nourrir la réforme nationale.
Le projet porte une attention particulière aux compétences numériques, aux technologies bas carbone et à l’implication des filles dans les filières STIM.
L’enjeu est de faire évoluer l’image et la place de l’enseignement technique : proposer davantage de voies de formation, valoriser des compétences diversifiées, innovantes et pratiques, et permettre à toutes et tous de trouver un parcours correspondant à ses aspirations.
À Djibouti, penser l’inclusion à l’échelle de chaque parcours
À Djibouti, la réforme du lycée polyvalent ouvre une nouvelle étape pour le système éducatif. Lancé en juin 2026, l’Assistance Technique « Polyval », financé par l’AFD à hauteur de 1,65 million d’euros et mise en œuvre par Expertise France en partenariat avec France Éducation international, accompagne le Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle dans cette transformation.
L’AT accompagne le Ministère dans la conception de la réforme de l’enseignement général et technologique, dont le futur lycée polyvalent en sera la vitrine. Cette réforme repose sur le principe de l’inclusion, pensé de manière globale : cela concerne l’égalité entre les filles et les garçons, mais aussi les dimensions sociale et géographique, ainsi que la capacité du système à proposer des parcours individualisés, adaptés aux envies et aux capacités de chaque élève.
Le projet repose sur une coopération « de pair à pair » : les experts internationaux travaillent en binôme avec leurs homologues djiboutiens afin de favoriser le transfert de compétences et l’appropriation de la réforme. Polyval contribue actuellement à l’élaboration du Cadre d’Orientation Curriculaire, qui doit être finalisé d’ici fin 2026. La réforme sera ensuite déployée progressivement à l’échelle nationale, à commencer par la classe de seconde à la rentrée 2027-2028.
Cette dynamique est complétée par la Facilité de l'initiative régionale pour les enseignants en Afrique, qui permet d’élargir l’action à des enjeux de structuration du système éducatif au niveau système, notamment sur les thématiques structurantes de formation continue des enseignants, de pilotage sensible au genre et d’éducation inclusive.
L’objectif : faire de la diversification des parcours un levier pour que chaque jeune puisse trouver sa voie.
En Gambie, lever les obstacles à la réussite des filles et des garçons
En Gambie, le projet EU support to improve Secondary Education for the Youth (EU-ISEY), financé par l’Union européenne, s’attaque aux obstacles qui limitent encore l’accès et la réussite dans l’enseignement secondaire supérieur. En 2023, le taux d’achèvement n’y atteignait que de 46,6 % au niveau national, avec des difficultés particulièrement marquées pour les filles et les garçons vivant en milieu rural (taux d’achèvement de 11,2%).
Les obstacles sont multiples : difficultés économiques, infrastructures insuffisantes, manque de dispositifs adaptés aux élèves en situation de handicap, mais aussi mariages précoces, grossesses et responsabilités familiales.
Le projet EU-ISEY vise à améliorer l’accès et la rétention des filles et des garçons dans un enseignement secondaire supérieur inclusif, notamment à travers le soutien aux élèves vulnérables, l’accompagnement des transitions scolaires et la mobilisation des communautés.
Il entend également renforcer la qualité et la sensibilité au genre de l’enseignement, en particulier dans les STIM (Sciences, Technologies, Ingénierie et Mathématiques) et le numérique, grâce à la formation des enseignants et des chefs d’établissement, à des pratiques pédagogiques plus inclusives et à l’intégration des compétences liées aux transitions verte et numérique.
Enfin, l’inclusion passe par une meilleure représentation des femmes dans le corps enseignant. Dans les zones rurales, elles représentent moins de 20 % des enseignants du secondaire supérieur. Le projet cherche à améliorer l’équilibre entre les sexes au sein du corps enseignant et l’accès des femmes à la profession, notamment par des dispositifs de bourses, de formation, de mentorat et de leadership.
Expertise France contribuera à ces trois objectifs à travers 11 activités, portant notamment sur la formation des personnels éducatifs, le soutien aux élèves vulnérables et aux filles dans les STIM, la modernisation des outils pédagogiques et le renforcement d’un leadership scolaire inclusif.
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