Partager la page
La résilience commence chez soi : penser et agir face aux risques de catastrophe à l'échelle du foyer
Comme chaque année, le 13 octobre, la Journée internationale pour la réduction des risques de catastrophe est l'occasion de rappeler qu’anticiper coûte toujours moins cher que réparer et que la résilience se construit bien avant la crise.
Le thème retenu pour l’édition 2026, « La résilience commence chez soi » (Resilience Starts at Home), place le foyer au cœur de la réflexion. Ce choix n'est pas anodin : la maison, un des espaces les plus intimes, est à la fois le lieu où se concentrent les vulnérabilités et le point de départ le plus concret à l’échelle individuelle pour construire une résilience durable. Du renforcement des capacités des populations à celui des acteurs locaux, cette approche se traduit notamment dans les actions menées par Expertise France au Kurdistan irakien.
Le foyer, un lieu central de la prévention et préparation aux risques
A Expertise France, nous avons conscience que la réduction des risques doit être centrée sur les personnes. Le cadre international de Sendai (2015-2030) met en évidence que les politiques, systèmes et investissements doivent être conçus autour des besoins et des capacités des individus, en reconnaissant que les impacts des événements ne sont pas vécus de manière égale selon les populations. Or, aucun espace n'incarne mieux cette réalité que le domicile : lieu de vie, de sommeil, de refuge et de sécurité. Le logement agit comme un multiplicateur ou un réducteur de risque(s) selon la manière dont il est localisé, construit et entretenu. Un habitat situé en zone à risque, construit sans normes parasismiques ou anti-inondation est d’autant plus vulnérable si un événement survint.
Nous avons pu constater que de nombreuses inégalités structurelles se révèlent à l'échelle du foyer. Les femmes, les enfants, les personnes âgées, les personnes en situation de handicap et les ménages à faibles revenus peuvent être davantage exposés aux conséquences des catastrophes. Ces vulnérabilités sont liées à des inégalités structurelles, notamment en matière d’accès au logement et aux ressources, de mobilité, de statut foncier ou encore de pouvoir de décision. Les responsabilités de soin, souvent assumées de manière disproportionnée par les femmes, peuvent également limiter les capacités d’anticipation, d’évacuation ou de rétablissement des ménages.Pour Expertise France, cela suppose que les actions de prévention, de préparation et de réponse menées par les acteurs de la protection civile et de la gestion des risques soient plus coordonnées et plus inclusives, en tenant compte des besoins spécifiques de l’ensemble des groupes sociaux.
Pour finir, les progrès mondiaux en matière de systèmes d'alerte précoce permettent à un nombre croissant de personnes de recevoir des alertes face aux aléas. Mais une alerte n'est efficace que si elle atteint tous les membres du foyer sous une forme accessible et compréhensible. Combler l'écart entre la réception d'une alerte et l'action appropriée au niveau du ménage est donc primordial : via une communication des risques accessible, une planification inclusive de l'évacuation et la reconnaissance des responsabilités de soin souvent assumées de manière disproportionnée par les femmes en temps de crise. Cette chaîne complète, de l'alerte à l'action, fait partie de notre offre : appui aux systèmes d'alerte précoce, sensibilisation des populations, exercices de simulation, communication sur les risques et lutte contre la désinformation.
Au Kurdistan irakien, renforcer la préparation face aux risques
Un exemple de cette articulation entre sensibilisation, préparation matérielle et infrastructures locales est fourni par le projet Disaster Risk Management for Kurdistan Region of Iraq financé par l’Union européenne et mis en œuvre par Expertise France. Ce projet mené dans les gouvernorats d'Erbil, de Duhok et de Sulaymaniyah, en coordination avec le Joint Crisis Coordination Centre (JCC) et la Direction générale de la Défense civile du Kurdistan d’Irak, illustre, à l'échelle d'un territoire, la manière dont les principes de la réduction des risques de catastrophes centrés sur les personnes peuvent se traduire en actions :
- Sensibilisation directe et distribution de moyens matériels : en mars 2026, environ 400 membres de communautés et 1 500 élèves ont bénéficié de sessions de sensibilisation, complétées par la distribution de 1 900 kits d'urgence aux ménages, incluant matériel de premiers secours, dispositifs d'éclairage et de signalisation, protections étanches pour documents et équipements de protection individuelle.
- Renforcement des capacités locales : entre août et octobre 2025, 177 volontaires (117 hommes et 60 femmes) issus des Community Response Teams et des Rapid Response Units ont été formés en tant que formateurs à la sensibilisation communautaire aux risques d'inondation, constituant un réseau décentralisé de facilitateurs autonomes.
- Standardisation des messages : deux manuels opérationnels ont été élaborés : l'un destiné aux sessions communautaires, l'autre aux sessions en milieu scolaire, couvrant les typologies d'inondation, les mesures de préparation avant, pendant et après l'événement, ainsi que les techniques d'animation participative.
- Extension de la couverture géographique : une salle de classe mobile pouvant accueillir 22 à 24 participants par session, a été remise au JCC en juin 2026 pour atteindre les zones isolées ou mal desservies.
Dans l'actualité
À Guayaquil, renforcer la sécurité portuaire et le renseignement pour lutter contre le narcotrafic
Publié le 2 octobre 2026
sur la même thématique
Phénix - Projet de renforcement de la protection civile en Haïti
En cours
2024 - 2027
Bailleurs : Agence française de développement
Renforcer la sûreté nucléaire en Afrique
En cours
2024 - 2028
Bailleurs : Union européenne, Gouvernement français