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À Guayaquil, renforcer la sécurité portuaire et le renseignement pour lutter contre le narcotrafic
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En Équateur, Guayaquil est devenue l’un des principaux points de départ de la cocaïne à destination de l’Europe. Face à cette menace transnationale, le projet EUFORT-EC, cofinancé par l’Union européenne et la France et mis en œuvre par Expertise France, renforce la coordination entre les institutions équatoriennes et la sécurité de l’écosystème portuaire.
L’Équateur est aujourd’hui confronté à une montée en puissance du narcotrafic et de la criminalité organisée, dont Guayaquil constitue l’un des principaux nœuds. Son système portuaire joue un rôle stratégique dans l’acheminement de drogues illicites à destination de l’Europe. Face à cette menace transnationale, la coopération entre les institutions équatoriennes et leurs partenaires européens apparaît comme un levier essentiel pour mieux détecter, prévenir et combattre ces trafics.
C’est dans ce contexte qu’a été lancé EUFORT-EC – Renforcement des mécanismes de coordination de la sécurité à Guayaquil. Co-financé par l’Union européenne et la France, et mis en œuvre par Expertise France, le projet vise à améliorer la coordination et l’efficacité des institutions impliquées dans la lutte contre la criminalité organisée et à réduire les trafics de drogues entre l’Équateur et l’Union européenne. Son action repose sur deux axes complémentaires : renforcer le partage du renseignement et consolider la sécurité du système portuaire et de sa chaîne logistique.
Mieux croiser le renseignement pour lutter plus efficacement contre les trafics
L’un des principaux résultats du projet est la création d’un Centre de fusion du renseignement, opérationnel depuis le 1er septembre 2025 et officiellement inauguré en janvier 2026. Pour permettre son fonctionnement, les installations ont été réhabilitées et équipées, et plusieurs applications de sécurité et de gestion de l’information ainsi que des plateformes de renseignement ont été mises en place. Les équipes du Centre ont également bénéficié de formations sur le renseignement, la lutte contre la criminalité organisée et l’utilisation d’outils spécialisés.
Le Centre permet de croiser les informations issues des différentes institutions équatoriennes et de renforcer leur partage avec des partenaires internationaux. Une mission d’étude a notamment été organisée auprès du centre opérationnel d'analyse du renseignement maritime pour les stupéfiants (MAOC-N), une agence internationale basée à Lisbonne, et deux mémorandums d’entente ont été signés lors de l’inauguration du Centre. Ses productions opérationnelles sont désormais partagées avec des partenaires européens, nationaux et régionaux. Un canal de communication a également été établi avec l’unité d’Europol en Équateur, tandis que des échanges se renforcent avec plusieurs pays voisins tels que la Colombie.
À ce jour, le Centre a déjà produit plus d’une trentaine de rapports d’information, bulletins d’alerte et de renseignement. Ces travaux ont contribué à des premières opérations concrètes, parmi lesquelles l’arrestation de trois personnes impliquées dans la contamination de conteneurs dans les ports de Guayaquil et la saisie de deux vedettes rapides utilisées pour approcher des navires marchands dans le golfe de Guayaquil.
Sécuriser les ports en mobilisant l’ensemble de la chaîne logistique
La lutte contre le narcotrafic se joue également au sein même de l’écosystème portuaire. EUFORT-EC accompagne ainsi le renforcement de la coordination entre autorités nationales et acteurs privés afin de mieux sécuriser les points stratégiques de la chaîne logistique. Des espaces de dialogue public-privé ont ainsi été développés et une Joint Security Platform, réunissant notamment les responsables de sécurité des terminaux portuaires, a été créée pour coordonner et suivre les actions prioritaires.
Des experts du port d’Anvers-Bruges et de la Police fédérale belge ont par ailleurs mené un audit auprès de cinq terminaux de Guayaquil. Leurs recommandations, adaptées à chaque terminal, portent notamment sur le renforcement de la sécurité portuaire, le respect du Code international pour la sûreté des navires et des installations portuaires et la mise en œuvre d’un modèle de sécurité dit « barrière ».
Un outil d’analyse des schémas criminels, ou « crime script », a également été élaboré et transmis aux autorités équatoriennes afin de mieux comprendre les modes opératoires des réseaux criminels et d’en suivre l’évolution. Enfin, deux drones de surveillance ont enfin été remis aux garde-côtes et à la police, accompagnés de formations spécifiques pour leurs opérateurs.
La coopération s’appuie aussi sur le partage d’expériences entre les deux côtés de l’Atlantique. Des visites d’étude ont ainsi été organisées à Anvers, au MAOC-N et au Havre, afin de favoriser les échanges sur les contre-mesures mises en œuvre face au narcotrafic et de renforcer les flux d’information avec le Centre de fusion.
Cette mobilisation de l’ensemble de la chaîne logistique se prolonge avec « Alerta Anónima », une plateforme permettant de signaler de manière sécurisée et anonyme des comportements ou faits suspects. Accessible sans création de compte ni transmission de données personnelles, elle constitue un outil complémentaire pour renforcer la prévention et l’alerte précoce. Elle s’accompagne d’une stratégie de communication destinée à sensibiliser les travailleurs portuaires, transporteurs et opérateurs logistiques, à réduire la crainte des représailles et à renforcer la culture du signalement.
À travers le renforcement du renseignement, la coopération entre acteurs publics et privés et la mobilisation de l’ensemble de l’écosystème portuaire, EUFORT-EC contribue ainsi à construire une réponse collective face à une menace qui, par nature, dépasse les frontières. « Un port sûr, nous le construisons tous » : un principe qui résume l’ambition du projet à Guayaquil.
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