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Art et culture : transformer la créativité de la jeunesse en opportunités économiques et sociales
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Cinéma, musique, mode, audiovisuel : partout sur le continent africain, une nouvelle génération d'artistes, de créateurs et d'entrepreneurs fait de la culture un espace d'expression, d'innovation et d'émancipation. Au-delà de leur contribution à l'économie et à l'emploi, les industries culturelles et créatives permettent aux jeunes de valoriser leur patrimoine, de faire entendre leur voix et de participer pleinement aux transformations de leurs sociétés. Alors que les JOJ 2026 auront lieu dès le 31 octobre à Dakar et mettront à l’honneur le sport, Expertise France met en lumière le potentiel de la culture pour l'émergence de nouveaux talents et la structuration des filières africaines.
Sur un continent où la jeunesse occupe une place centrale dans les dynamiques démographiques, économiques et sociales, la question de son autonomisation constitue un enjeu majeur de développement. Formation, accès à l'emploi, entrepreneuriat, participation citoyenne : les leviers pour permettre aux nouvelles générations de construire leur avenir sont multiples. Parmi eux, la culture occupe une place singulière. Parce qu'elle conjugue création de valeur, transmission des savoirs et expression des identités, elle offre aux jeunes la possibilité de devenir acteurs de leur propre développement, mais aussi de celui de leurs communautés.
Et c’est ce qu’ils font déjà : le secteur des ICC emploient plus de 15-29 ans que n’importe quel autre domaine.
À l'échelle mondiale, les industries culturelles et créatives représentent 3,1 % du PIB et 6,2 % de l'emploi, selon l'UNESCO. En Afrique, leur potentiel de développement est considérable, particulièrement pour une jeunesse qui trouve dans la création artistique de nouvelles perspectives d'insertion professionnelle et d'entrepreneuriat. À lui seul, le secteur du cinéma et de l'audiovisuel représentait déjà près de 5 millions d'emplois sur le continent en 2021, avec un potentiel estimé à plus de 20 millions d'emplois. Mais derrière ce dynamisme subsistent d'importants défis : accès aux financements, professionnalisation des acteurs, protection des œuvres et structuration des marchés. Autant d'obstacles qui limitent encore la capacité des artistes et entrepreneurs culturels à vivre durablement de leur activité et à faire rayonner leurs créations au-delà de leurs frontières.
En Côte d’Ivoire, la mode, le cinéma et la musique se structurent pour dynamiser le pays
Portées par le dynamisme des scènes artistiques ivoiriennes et l'émergence de nouveaux modes de création et de diffusion, les industries culturelles et créatives constituent aujourd'hui un secteur prometteur en Côte d’Ivoire. Du cinéma à la musique, en passant par la mode, le design ou les contenus numériques, elles ouvrent de nouvelles perspectives professionnelles tout en contribuant au rayonnement culturel du continent.
Face à ces défis, l'enjeu est de créer les conditions permettant aux talents de s'épanouir et aux initiatives artistiques de se transformer en activités économiques durables.
C'est dans cette perspective qu'Expertise France met en œuvre depuis 2026 le projet C2D Culture, financé par l'AFD dans le cadre du Contrat de désendettement et de développement franco-ivoirien, jusqu’en 2029. Au cœur du dispositif, le programme Créative.ci prévoit d'accompagner 300 entrepreneurs culturels, à travers des parcours adaptés aux différentes étapes de leur développement. Des bootcamps et programmes d'incubation permettent aux jeunes porteurs de projets de développer leurs compétences entrepreneuriales, tandis que les « Labs Créatives » proposent des formations spécialisées dans les métiers de la musique, du cinéma et de la mode. Douze petites et moyennes entreprises créatives déjà établies bénéficieront également d'un parcours d'accélération pour soutenir leur croissance. L'objectif : renforcer les compétences, favoriser l'insertion professionnelle et permettre aux talents ivoiriens de vivre durablement de leur activité.
Cette dynamique s'accompagne d'un soutien aux institutions culturelles ivoiriennes, notamment pour moderniser la gestion des droits d'auteur et renforcer la connaissance économique des filières musicales et cinématographiques. Le projet intègre également l'égalité entre les femmes et les hommes, afin de favoriser l'accès des femmes aux formations, aux opportunités entrepreneuriales et aux responsabilités dans les industries créatives.
Au-delà de l'entrepreneuriat, C2D Culture entend aussi renforcer l'accès à la culture dans les territoires. À Bouaké, deuxième ville du pays, le projet accompagne la transformation du Centre culturel Jacques Aka, inauguré en 1974, en un lieu de création, de diffusion et de rencontre. Sa réhabilitation et le développement de sa programmation doivent permettre aux habitants, notamment aux jeunes, de bénéficier d'une offre culturelle diversifiée, tout en offrant aux artistes de nouveaux espaces d'expression.
Au Mozambique, l'insertion professionnelle des jeunes et des femmes au cœur de la structuration du secteur des industries culturelles et créatives
Musique, arts de la scène, arts visuels, artisanat : au Mozambique, pays où la jeunesse représente une part déterminante de la population, les ICC apparaissent comme un espace où les talents peuvent se professionnaliser et contribuer au dynamisme économique des territoires.
Le projet CULTIV'ARTE, financé par l’Union Européenne à hauteur de 4,850 000 euros et mis en œuvre par Expertise France, place l'insertion professionnelle des jeunes créatifs au centre de son intervention. L'hypothèse de départ est simple : le talent artistique ne suffit pas à garantir des revenus durables, et l'accompagnement des compétences entrepreneuriales constitue un préalable à la structuration du secteur. Le projet articule pour cela plusieurs niveaux d'appui, du renforcement des capacités individuelles à la consolidation des institutions et des marchés.
Aujourd’hui, 569 entrepreneurs créatifs ont déjà bénéficié de parcours d'incubation et de bootcamps destinés à transformer une pratique artistique en activité économique viable : construction de modèles économiques, gestion administrative et financière, stratégies de diffusion et de commercialisation. Le projet soutient également les structures déjà engagées dans une trajectoire de croissance. 153 petites et moyennes entreprises créatives, dont 49 créées par des femmes, ont intégré un parcours sur mesure d'accélération visant à consolider leur organisation, élargir leur clientèle et sécuriser leurs revenus.
En parallèle de ces appuis un programme de stages professionnels subventionnés a été conçu, notamment pour répondre aux besoins en ressources humaines des structures accompagnées. 105 jeunes ont pu effectuer des stages d’une durée de 6 mois sur l’ensemble du territoire, 25 % de ces opportunités ont ensuite débouché sur des emplois permanents.
A l’échelle du continent africain, porter les récits au-delà des frontières
Cinéma, séries, animation, jeux vidéo, contenus immersifs : les industries audiovisuelles africaines connaissent un essor important, portées par une nouvelle génération de créateurs et l'émergence de nouveaux modes de production et de diffusion. Cependant, l’accès aux marchés internationaux reste encore très limité ; en 2026, seulement 1% des exportations de biens culturels mondiaux étant signés des artistes africains, selon la Commission économique pour l’Afrique.
Le programme « Partenariats Afrique-Europe pour la culture : Audiovisuel », financé à hauteur de 16,5 millions d'euros par l’UE, la GIZ et le MEAE pour la période 2026-2029, vise justement à dépasser cette barrière.
Mis en œuvre conjointement par Expertise France et la GIZ, il ambitionne de renforcer les liens entre les industries audiovisuelles africaines et européennes, à soutenir l'émergence de nouveaux talents et à favoriser la circulation des œuvres entre les deux continents.
Un accompagnement est proposé aux professionnels du secteur dans le développement de leurs compétences techniques et entrepreneuriales, à travers des formations, des dispositifs d'incubation et d'accélération, ainsi que des opportunités de mobilité vers les grands festivals et marchés internationaux.
A ce titre, une première activité consacrée aux partenariats et aux coproductions équitable a été financée. Elle s’est tenue à Durban, du 9 au 12 octobre 2026, à l’occasion de la 17e édition du Durban FilmMart (DFM), premier marché africain de financement et de coproduction, qui réunit professionnels africains et internationaux, financeurs et partenaires potentiels. Placée sous le thème « Shifting Worlds: Turning Towards Ourselves », cette édition a mis l’accent sur la capacité des industries africaines à définir leurs propres termes, un message en phase avec les coproductions équitables défendues par le programme.
En partenariat avec le Durban FilmMart Institute (DFMI) et l’European Audiovisual Entrepreneurs (EAVE), quatre masterclass et une clinique sur les coproductions équitables ont été organisées. Cette dernière permettait aux participants d’échanger individuellement avec un expert sur leur projet. Les participants ont ainsi eu accès à des bonnes pratiques et à des études de cas pour construire des coproductions fondées sur des partenariats équitables, autour de quatre enjeux : l’équité créative, l’équité financière, le partage de la propriété intellectuelle et une négociation juste entre régions disposant de ressources et d’avantages inégaux.
Enfin, au sein du projet Cultiv’Arte mentionné plus haut, la dimension internationale reste tout justement un axe structurant. La participation de professionnels mozambicains à des festivals, marchés et espaces de coproduction (Fak’Ugesi Festival à Johannesburg, Cheuka Harare Art Fair ) doit permettre de faire circuler les œuvres au-delà des frontières, de nouer des partenariats durables et d'ouvrir de nouveaux débouchés commerciaux. En consolidant à la fois les compétences, les entreprises et les institutions, le projet contribue à faire de la culture un secteur où les jeunes Mozambicains peuvent non seulement s'exprimer, mais aussi vivre de leur activité et participer pleinement aux transformations de leur société.
Nos projets culture et patrimoine
C2D Culture - Développer les industries culturelles et créatives en Côte d’Ivoire
En cours
2025 - 2029
Bailleurs : Agence française de développement
Musée virtuel de Guinée
En cours
2025 - 2026
Bailleurs : Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères
Partenariat muséal Afrique-Europe
En cours
2025 - 2030
Bailleurs : Union européenne, Agence française de développement, Etat allemand, Etat belge, Etat néerlandais
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Publié le 21 septembre 2026