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COP17 : trois leviers pour accélérer l’action en faveur de la biodiversité
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Du 19 au 30 octobre 2026, la COP17 de la Convention sur la diversité biologique (CDB) réunit les États à Erevan, en Arménie, pour évaluer les progrès accomplis dans la mise en œuvre du Cadre mondial de Kunming-Montréal. Dans ce contexte, Expertise France contribue à relever les défis de sa mise en œuvre en accompagnant les politiques publiques, la mobilisation des financements et la transition vers des modèles de développement favorables à la biodiversité.
En 2022, l’adoption du Cadre mondial de Kunming-Montréal a fixé un cap commun pour enrayer et inverser la perte de biodiversité d’ici 2030. Quatre ans plus tard, la COP17 constitue une première étape majeure pour mesurer les progrès accomplis et identifier les efforts restant à fournir. Cet examen mondial doit permettre d’évaluer la traduction des engagements internationaux en politiques publiques, en financements et en actions concrètes.
Face à l’ampleur des défis, la mobilisation de ressources financières, la cohérence des politiques sectorielles et la coopération entre les acteurs sont essentielles pour accélérer la mise en œuvre du Cadre mondial. Il s’agit également de mieux intégrer la biodiversité dans les décisions économiques et de renforcer les approches fondées sur les connaissances scientifiques.
Dans ce contexte, Expertise France accompagne ses partenaires dans la mise en œuvre de politiques et d’initiatives en faveur de la biodiversité. Son action s’articule autour de trois priorités complémentaires : mobiliser et déployer des financements en faveur de la biodiversité, promouvoir les coopérations régionales et transfrontalières et soutenir la transition des entreprises et des secteurs économiques vers des modèles plus respectueux du vivant.
Renforcer les cadres nationaux et la mobilisation financière en faveur de la biodiversité
Expertise France accompagne les acteurs publics et privés dans la transformation durable de leurs pratiques, financements et gouvernance en faveur de la biodiversité (ou « mainstreaming »).
Ses projets soutiennent des réformes nationales s’alignant sur les engagements internationaux pour la biodiversité à travers la mobilisation d’outils de diagnostics, de méthodologies et instruments de politiques publiques. Dans le cadre du programme Euroclima (UE), elle appuie ainsi la structuration de mécanismes de paiement pour services écosystémiques : en Equateur, elleaccompagne le Ministère de l’Environnement et de la Transition écologique dans l’élaboration d’une méthodologie de valorisation économique des services environnementaux, assortie d’un plan de formation et de sa mise en œuvre auprès du ministère ; en Argentine, elle appuie de la même manière le développement d’une méthodologie de valorisation des services écosystémiques de l’aire marine protégée Namuncurá/Banco Burdwood, avec un plan de formation associé.
Pour financer la biodiversité, l’agence mobilise des outils financiers innovants : comptabilité du capital naturel, incitations fiscales (crédits carbone et biodiversité), instruments de marché et certifications, standards et régulations, mécanismes d’incitation aux investissements publics. Par exemple, au Pérou, elle accompagne, avec un fonds d’investissement d’impact et le secteur privé, un projet pilote de crédits biodiversité dans le Parc national de la Sierra del Divisor, afin de mobiliser des financements privés pour la conservation. En République démocratique du Congo, elle soutient l’Institut congolais pour la conservation de la nature et les gestionnaires d’aires protégées dans l’accès à des financements innovants (crédits carbone, finance mixte, crédits biodiversité).
Enfin, Expertise France travaille également au renforcement des capacités techniques et à la transformation des institutions financières partenaires. Cet accompagnement vise à une meilleure prise en compte des externalités et des éco-dépendances dans les pratiques et instruments financiers. Au Panama par exemple, dans le cadre d’Euroclima, l’agence appuie le Ministère de l’Environnement dans le développement du Marché National de Carbone. Elle renforce les capacités des acteurs bancaires et financiers pour qu’ils comprennent les marchés du carbone et en identifient les opportunités, qu’ils structurent un système de financement durable pour les projets d’atténuation côté offre de crédits, et qu’ils développent, côté demande, des instruments de financement pour aider les entreprises à engager des processus et technologies plus durables. Au Brésil, Expertise France intervient à travers le programme AMABIO, qui appuie les banques publiques de développement et les institutions financières pour qu’elles structurent des financements dédiés à la bioéconomie, avec des mécanismes financiers innovants capables d’attirer des investissements vers des activités économiques durables, au bénéfice de la forêt et de ses populations.
L’ensemble de ces leviers vise à réorienter les flux financiers vers la nature. L’agence contribue ainsi par ses actions à la mobilisation des 200 milliards de dollars par an consacrés à la biodiversité ciblés par l’accord de Kunming Montréal, en soutenant la réorientation des investissements publics et privés pour qu’ils soient « positifs en nature ».
Promouvoir des approches régionales et transfrontalières adaptées aux dynamiques écologiques
Les écosystèmes et les pressions qui s’exercent sur la biodiversité dépassent souvent les frontières administratives. Expertise France développe ainsi des approches régionales et transfrontalières, permettant d’agir à l’échelle des paysages et des écosystèmes, tout en renforçant la coopération entre États, organisations régionales, communautés, acteurs scientifiques et économiques. Cette approche se traduit notamment par l’appui aux institutions régionales, l’harmonisation des politiques et cadres d’intervention, la mise en réseau des acteurs et le partage de connaissances et de bonnes pratiques.
Cette approche est déjà mise en œuvre dans plusieurs régions. En Mésoamérique, Grandes Bosques soutient les institutions d’intégration régionale et 24 initiatives locales dans 7 pays, avec une attention particulière aux habitats transfrontaliers et aux espèces menacées. Dans les Caraïbes, SARSEA structure une coopération régionale sur la gestion des sargasses, associant stratégies nationales, système d’alerte multi-pays, recherche et développement de chaînes de valeur. Dans le sud-ouest de l’océan Indien, VARUNA anime et renforce des réseaux régionaux associant notamment gestionnaires d’aires protégées, recherche et secteur privé. Le SWIOP renforce cette dynamique régionale en ciblant les zones marines et côtières transfrontalières de la région avec une forte connectivité écologique. Il finance ainsi le passage à l’échelle de solutions fondées sur la nature permettant de restaurer et conserver ces écosystèmes (herbiers, coraux, mangroves), la création et le renforcement d’aires marines protégées, la planification spatiale marine et le développement de programmes de recherche régionaux en sciences marines.
Expertise France peut ainsi contribuer à faire de la coopération régionale un levier de mise en œuvre du Cadre mondial de Kunming-Montréal, en articulant action locale, gouvernance régionale et engagements internationaux. Cette expérience constitue également une base pour accompagner des initiatives à plus grande échelle, notamment dans le Bassin du Congo, où Expertise France appuie le Partenariat pour les Forêts du Bassin du Congo (PFBC), partenariat réunissant 145 membres dont 11 pays d’Afrique centrale.
Accélérer la transition des entreprises et des secteurs économiques vers des modèles favorables à la biodiversité
Expertise France soutient l’engagement des entreprises et implication du secteur privé : l'agence accompagne les entreprises pour qu'elles intègrent la biodiversité dans leur modèle économique, en structurant notamment une offre d'accompagnement du dialogue public-privé.
L’agence priorise l’intégration de la biodiversité dans les politiques publiques : l’agence soutient les pays dans la formulation de stratégies et plans nationaux pour la biodiversité (SPANB ou NBSAP) qui mobilisent l'ensemble des ministères sectoriels Cela passe par l'animation de dialogues interministériels de haut niveau, le soutien au développement d'instruments de politiques publiques, la contribution à la mise en œuvre de méthodologies de compatibilité et/ou de compensation environnementale, et l’intégration des objectifs biodiversité dans la planification budgétaire et sectorielle. A travers les deux phases du projet BIODEV2030, l’agence a ainsi accompagné quinze pays dans l’intégration de la biodiversité dans les secteurs (mines, agriculture, énergie, pêche, etc.) exerçant les plus fortes pressions sur les milieux naturels. Elle assure aussi l’accompagnement de la transition écologique dans différents secteurs d’activités par l’élargissement du périmètre d’intervention thématique et géographique de l’agence.
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