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Programme d’appui au secteur privé au Liban (PSD-P)
Soutenir le développement économique des filières agricoles et du meuble au Liban

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Objectif

Le Programme d’appui au secteur privé au Liban a proposé un appui aux très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) des filières agricoles et du meuble afin de renforcer leur compétitivité et leur rentabilité.
  • 15 M €
    BUDGET
  • 25/02/2016
    DEBUT DU PROJET
  • 53 mois
    DUREE

L’économie libanaise est affectée par l’instabilité régionale et une importante crise migratoire liées au conflit syrien. Néanmoins, le secteur privé reste dynamique et les très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) jouent un rôle vital dans le développement du tissu économique local.

Pour aider ces structures à faire face aux problèmes de compétitivité rencontrés, l’Union européenne au Liban et Expertise France ont misé sur le développement de synergies entre acteurs d’une même filière. Le but est d’optimiser les coûts, mutualiser des fonctions stratégiques, bénéficier de services communs, développer de nouveaux marchés ou encore faciliter l’accès aux financements. C’est ainsi qu’est né, en 2016, le Programme d’appui au développement du secteur privé (PSD-P) au Liban.

Le programme s’est clôturé fin janvier 2020, excepté pour les activités relatives à la transformation du bois qui se prolongeront jusqu’en juillet 2020.

Les objectifs du PSD-P

Le PSD-P vise à contribuer au développement économique du Liban et à la création et à la préservation d’emplois en améliorant la productivité et la compétitivité de son secteur privé et en mettant l’accent sur les groupes vulnérables. Le PSD-P soutient les très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) en améliorant leur compétitivité et leur participation à l'économie et en favorisant leur développement et leur intégration au sein des chaînes de valeur.

Le projet a eu pour objectifs de :

• restructurer les TPME afin de former des groupes solides qui s’inscrivent dans un plan d’action intégré ;
• renforcer le positionnement des TPME sur les marchés et favoriser leur intégration à de nouveaux marchés ;
• faciliter l'accès des TPME aux financements ;
• créer de nouvelles opportunités d'emplois inclusives et préserver les opportunités existantes.

Cinq filières à fort potentiel ciblées

Le PSD-P a plus particulièrement ciblé cinq chaînes de valeur identifiées comme ayant un fort potentiel en matière de création d’emplois, de génération de revenus et d’innovation :

• l’avocat et le maraîchage dans le Akkar ;
• les cerises et le raisin de table dans la vallée de la Bekaa ;
• la transformation du bois et le meuble à Tripoli.

 

Le commerce équitable, la filière de l’avocat et le maraîchage boostés dans le Akkar

Dans cette région du nord du Liban, Expertise France a collaboré avec trois ONG afin d’accompagner le repositionnement des producteurs au cœur des filières de l’avocat et du maraîchage.
 

 
Partenaires locaux : Fair Trade Lebanon, Mada Association, Fondation René Moawad

Fair Trade Lebanon (FTL) a, entre autres, organisé des activités en amont de la chaîne de valeur des légumes afin de rapprocher les coopératives des pépinières locales et d’accéder à des semences de qualité. Un ensemble de formations techniques et en matière de gestion a permis d’encourager les agriculteurs à adopter des pratiques agricoles durables en vue d’obtenir une certification adaptée et de favoriser la vente directe auprès des consommateurs en organisant des marchés locaux.

Principaux résultats :

• 80 fermiers ont adopté de nouvelles techniques de production
• 129 femmes issues de coopératives de transformation ont bénéficié de formations
• Une pépinière « smart » à destination des professionnels du maraîchage et des étudiants a été installée à l’université de Balamand, sur le campus de Beino
• 20 marchés de producteurs et évènements de vente ont été organisés

 

Mada Association s’est attachée à la promotion de modes de culture alternatifs à l’agriculture conventionnelle à travers des formations et un accompagnement personnalisé pour les agriculteurs. Elle a également favorisé le développement de parcelles de démonstration en culture hors-sol sur les quatre produits ciblés par le projet (tomates, poivrons, aubergines et concombres).

Principaux résultats :

• 59 producteurs ont reçu des équipements high-tech
• 261 producteurs ont suivi des sessions de formation technique
• 4 parcelles expérimentales de culture hors-sol ont été mises en place
• 2 groupes pilotes ont été soutenus dans les régions du Jurd (haute-montagne) et de la plaine du Akkar.

 

Enfin, la fondation René Moawad a proposé un panel d’outils visant à structurer la filière de l’avocat dans la région en établissant des liens pérennes entre les différents acteurs, des ingénieurs agronomes aux agriculteurs, en passant par les pépinières et les exportateurs. Le projet a permis de renforcer leurs connaissances et leurs compétences techniques pour assurer une production d’avocats qualitative et quantitative dans le Akkar à court, moyen et long termes.

Principaux résultats :

• 259 agriculteurs ont acquis de bonnes pratiques agricoles dans la culture de l’avocat ;
• 44 nouveaux agriculteurs se sont lancés dans la culture de l’avocat dans le Akkar ;
• 2 parcelles de démonstrations high-tech ont été développées et 2 stations météorologiques ont été installées sur les terrains de LARI (Abdeh, Akkar) et au sein d’un verger d’avocats en altitude, à Gebrayel ;
• 21 agriculteurs ont reçu la certification de production intégrée (« IP certification »)
• Un manuel des pratiques standards à suivre afin d’obtenir la certification a été publié (disponible ci-contre) ;
• La première coopérative de l’avocat a été créée pour la région du Akkar. Elle est basée à Halba.

 

A lire aussi : Le PSD Liban dans la région du Akkar : des résultats prometteurs

 

Cerises et raisins de table dans la Bekaa : un observatoire des filières et une qualité certifiée pour un meilleur accès aux marchés

Expertise France et ses partenaires locaux ont mené de nombreuses activités afin d’appuyer les secteurs de la cerise et du raisin de table – deux des produits agricoles les plus importants de la région de Bekaa – en facilitant l’accès à l’information et au marché.
 

 

Partenaires locaux : Chambre de Commerce, Industrie & Agriculture de Zahlé et de la Bekaa (CCIAZ), Natagri (en consortium avec l’École supérieure d’ingénieurs d’agronomie méditerranéenne - Université Saint-Joseph et l’Institut de Recherche Agricole du Liban - IRAL) et ICON Institute

Développement d’un observatoire des filières, « Agvisor », sous la forme d’une application mobile agricole, et d’un site internet disponibles en arabe et en anglais et en téléchargement sur Google Play et l'App Store. Grâce à ses quatre fonctionnalités (prix des fruits et légumes, annuaire agricole, bibliothèque agricole et notifications), cette application vise à faciliter la prise de décision pour les agriculteurs, améliorer la qualité et la quantité de leur production et faciliter les liens commerciaux.
 

 

• Élaboration de la certification de qualité ICM : un processus de certification collective (Integrated Crop Management - ICM) a été lancé en 2018 avec deux groupes pilotes de producteurs de cerises et de raisins de table. Ce type de certification améliore le travail de groupe et la coopération entre agriculteurs de la même région et de la même chaîne de valeur. Au cours de cette phase pilote, des cahiers des charges ICM ont été élaborés. Ils dressent les spécifications techniques appropriées pour la production de cerises et de raisins de table dans la Bekaa. L’objectif est d'appliquer les meilleures pratiques agricoles de gestion intégrée des cultures sur le terrain pour obtenir un produit sain et sûr.
Le succès de cette initiative pilote a conduit à élargir le champ d’application de cette certification pour couvrir de nouvelles zones et de nouveaux agriculteurs.

• Renforcement des capacités des producteurs : les producteurs ont pu bénéficier de plusieurs voyages d'étude en Europe ainsi que de sessions de formation technique et en gestion menées par des experts locaux et internationaux.

• Développement de la marque collective « Merula » : afin de valoriser les cerises et les raisins de table certifiés ICM, le programme a développé une marque collective, « Merula », et un packaging spécifique, élaboré à partir de l’étude des critères d'achat du consommateur de cerises et de raisins de table. L'emballage reflète la qualité, la sécurité, la fraîcheur et la transparence.

Principaux résultats :

• 3 416 personnes utilisent l’application Agvisor
• 22 producteurs de cerises ont été certifiés ICM
• 17 producteurs de raisins de table ont été certifiés ICM
• 50 agriculteurs sont prêts à postuler à la certification ICM en 2020
• 121 tonnes de raisins de table certifiés ont été vendus (localement et à l’international)
• 9,5 tonnes de cerises certifiées ont été vendues (localement et à l’international)
• 39 agriculteurs et exportateurs ont participé à des voyages d’étude en Europe
• 990 agriculteurs ont participé à 148 sessions de formation technique et en gestion


 

A lire aussi : Liban : retour sur l’appui du PSD-P aux agriculteurs de la Bekaa

 

Une marque ombrelle et une plateforme de services pour les meubles tripolitains

Partenaires locaux : Business Incubation Association in Tripoli (BIAT), Markits, Terea, Association des industriels libanais (ALI), Sofreco, Foire internationale Rachid Karami de Tripoli

À Tripoli, le secteur du meuble est confronté à la concurrence des produits importés. Il est crucial pour les acteurs de la filière d’améliorer leur positionnement sur le marché.

Expertise France, BIAT, l’entreprise Terea et Markits ont donc développé Minjara, en partenariat avec l’Association des industriels libanais (ALI).

À la fois marque, label qualité et plateforme de services, Minjara réunit tous les acteurs impliqués dans la création de meubles en un même lieu, au sein de la Foire internationale Rachid Karamé, dans un bâtiment construit initialement par Oscar Niemeyer et rénové dans le cadre du programme. Fournisseurs, producteurs et designers peuvent s’y retrouver et bénéficier de services : appui à la conception, au prototypage, à la pré-production, à l’optimisation des processus d’achats et de ventes…

 

Retour sur l'histoire de la création de Minjara
Présentation de la plateforme Minjara

 

Découvrir la visite virtuelle de la plateforme Minjara 

 

De nombreuses formations techniques et en management ont également été conduites avec pour objectifs d’améliorer les capacités de gestion et de développement des PME tripolitaines du secteur du meuble et d’optimiser leurs connaissances techniques, avec l’ambition d’atteindre un niveau de qualité fidèle aux standards internationaux.
Les premières collections de meubles Minjara ont été développées dès la fin 2018 et mises sur le marché fin 2019.

Principaux résultats :

• Création de la marque et de la plateforme de services Minjara
• Création d’une matériauthèque disposant de plus de 1 000 échantillons
• Organisation de 3 conférences pendant les Beirut Design Week et Fair 2017 et 2018, avec plus de 200 participants
• Organisation de 3 expositions au Liban et en France rassemblant plus de 1 100 participants et 100 exposants
• Élaboration de 2 collections Minjara réunissant 73 pièces et étant le résultat de la collaboration de 20 designers / studios de design et 47 menuisiers de Tripoli
• Mise en place d’un observatoire en ligne avec plus de 1 000 membres actifs
• Vente de près de 90 000 $ de meubles dans la cadre des collections Minjara et des demandes externes
• 455 bénéficiaires pour un total de 70 activités de soutien entre 2017 et 2019


 

A lire aussi : La plateforme Minjara, un outil structurant pour appuyer le secteur du meuble à Tripoli

Favoriser l’accès des TPME aux financements

Pour les TPME libanaises, l'accès aux financements est un défi majeur pour permettre l’investissement et soutenir ainsi leur compétitivité. La plupart des TPME ne maîtrisent pas les indispensables permettant de déposer un dossier de demande de prêt et n’ont pas accès aux opportunités de financement existantes. Elles ne parviennent donc pas à réunir les conditions qui leur permettraient de bénéficier d’un soutien financier de la part des organismes financiers libanais.

De leur côté, les institutions financières, essentiellement les banques commerciales, ont manifesté leur intérêt à améliorer leur collaboration avec les secteurs et les chaînes de valeur soutenus par le PSD-P. Elles ont déclaré vouloir faciliter l’accès à leurs outils de financement des TPME. Pour cela,  elles ont besoin d'en savoir plus sur ces secteurs et de déterminer la meilleure façon de collaborer avec les TPME concernées.

Dans ce cadre, le programme a mis en place 2 types de services d’apppui :

1. Des services de soutien non financier aux TPME et aux institutions financières visant à :

• renforcer la connaissance des secteurs concernés pour les institutions financières, au niveau du siège et des succursales régionales ;
• améliorer l'inclusion financière (« bankability ») des TPME en favorisant les subventions d’investissements dans les chaînes de valeur concernées ainsi qu’en améliorant leurs connaissances techniques et financières et leurs compétences en gestion et en gouvernance.

2. Des services de soutien financier afin de :

• mettre en place un fonds de subvention conditionnée pour inciter les TPME des chaînes de valeur sélectionnées à améliorer leur situation financière. Ce fonds de subvention conditionnel est systématiquement lié à un prêt et proportionnel à celui-ci. Ce fond de subvention, contrairement au prêt, ne doit pas être restitué à l'institution financière par le bénéficiaire et n'est pas soumis à un taux d'intérêt.

L'affectation des fonds et des prêts a été réalisée par le biais de Kafalat, société financière libanaise offrant des garanties de prêt à travers les banques commerciales, ainsi qu’avec l’agence Economic and Social Fund for Development (ESFD) et les institutions de microfinance Vitas, Al Majmouaa, IBDAA et AEP.

Principaux résultats :

• 628 bénéficiaires d’une subvention conditionnée
• 314 nouveaux bénéficiaires pour les institutions financières
• 834 864 $ de subventions (1 329 $ en moyenne par bénéficiaire)
• 2 289 287 $ de prêts (3 645 $ en moyenne par bénéficiaire)
• 19 sessions de formation et d'information pour les bénéficiaires et les institutions financières
• 43 % du prêt / don est utilisé pour acheter du matériel
• 52 % du prêt / don est utilisé pour l'achat d'intrants et le fond de roulement

Un bilan global concluant

En un peu plus de 4 ans, le PSD-P a permis d’instaurer des collaborations réussies entre les partenaires de ses 3 régions et de ses 5 filières d’intervention.

Cela s’est traduit par une augmentation de la qualité des produits proposés, une meilleure gestion des quantités, un meilleur rapport qualité-prix et par conséquent un accroissement des ventes.
 

 

Téléchargez les fiches de capitalisation des actions menées et résultats obtenus, par composante en anglais ou en arabe

 

Le programme a été clôturé le 28 janvier dernier, à Beyrouth lors d’une cérémonie qui a réuni plus de 180 personnes. Étaient notamment présents des représentants de l’Union européenne, de l’ambassade de France au Liban, d’Expertise France, de l’Agence française de développement (AFD), de la Chambre de commerce et d’agriculture de Tripoli et du Nord-Liban (CCIAT) et de l’Association des industriels libanais (ALI).
 

 
 
A lire aussi : Liban : clôture du Programme d’appui au secteur privé

Pour en savoir plus, consultez le site du projet : www.psdplebanon.com