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GCCA+ Afrique de l’Ouest
Accompagner l’effort régional ouest-africain dans la mise en œuvre de l’Accord de Paris sur le climat

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© Neil Palmer Photography - CIAT

Objectif

Le projet vise à renforcer les capacités des institutions régionales et de leurs pays membres, et à faire émerger des solutions innovantes d’adaptation participant à la mise en œuvre de l’Accord de Paris sur le climat.
  • 12,1 M€
    BUDGET
  • 28/12/2017
    DEBUT DU PROJET
  • 60 mois
    DUREE

GCCA+, une initiative globale de l’Union européenne dans le domaine de la lutte contre le changement climatique


Une initiative lancée en 2007

L’Alliance mondiale pour le changement climatique « plus » (AMCC+ ou GCCA+) est la seconde phase d’une initiative lancée par la Commission européenne en 2007. Elle vise à renforcer le dialogue et la coopération dans le domaine de la lutte contre le changement climatique entre l'Union européenne (UE) et les pays en développement les plus vulnérables.

Cette deuxième phase vise notamment à prendre en compte l’évolution des enjeux de développement et contribuer ainsi à la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) et à la mise en œuvre de l’Accord de Paris sur le climat.

 

 

L’Initiative GCCA+ se décline en :

 • un programme « Global », composé de programmes déclinés par pays sous la supervision des délégations locales de l’UE

 •  un programme « intra-ACP » qui a vocation à travailler aux échelles régionales et qui a été divisé en volets régionaux, dont un volet dédié à l’Afrique de l’Ouest et mis en œuvre par Expertise France sous l’égide de la CEDEAO.

 

Renforcer le dialogue et la coopération

L’Initiative GCCA+ continue de soutenir les pays à travers deux piliers qui se renforcent mutuellement :

 • dialogue politique et technique ;

 • soutien à la mise en place de politiques nationales et régionales d’adaptation et d’atténuation au changement climatique, avec une insistance plus forte sur la gestion des connaissances sur le climat et leur communication.
 

Les priorités pour le GCCA+ sont les suivantes :

 • Renforcer la capacité scientifique et technique de la sous-région pour réduire la vulnérabilité au changement climatique ;

 • Promouvoir l'intégration des aspects du changement climatique dans les politiques, stratégies, programmes et projets de développement aux niveaux sous-régional et national ;

 • Soutenir le développement et la mise en œuvre de programmes et de projets sous-régionaux et nationaux sur l'adaptation au changement climatique.

GCCA+ Afrique de l’Ouest : participer à l’effort régional ouest-africain de mise en œuvre de l’Accord de Paris sur le climat


Déclinaison régionale du programme intra-ACP, le projet GCCA+ Afrique de l’Ouest vise à participer à l’effort régional ouest-africain de mise en œuvre de l’Accord de Paris sur le climat. Pour cela, il cible notamment le renforcement de capacités des institutions régionales de l’Afrique de l’Ouest, mais aussi l’émergence de solutions de terrains innovantes pour renforcer la résilience climatique des acteurs agricoles et ruraux.

 

A lire : Alain Sy Traoré : « Le climat, ce n’est plus l’affaire d’un seul pays »

 

Suite à une phase de préfiguration d’un an, la mise en œuvre du projet est prévue pour durer 4 ans (2019-2022) et se concentrera sur les axes suivants :

 • Renforcement du leadership institutionnel de la CEDEAO sur le climat à travers l’émergence de stratégies régionales et de dispositifs communautaires à destination des pays membres,

 • Appui à la mise en œuvre opérationnelle par les pays de leurs engagements pris lors de l’Accord de Paris,

 • Renforcement des capacités des négociateurs et des délégations régionales dans le cadre des négociations annuelles de la CCNUCC, pour faire émerger des positions régionales communes,

 • Facilitation de l’accès aux financements climat, notamment du type Fonds Vert, à travers le renforcement des capacités en ingénierie de projets des acteurs institutionnels et privés ayant la capacité à endosser des projets d’envergure pour la région,

 • Mise à disposition d’offres de formations diplômantes sur les changements climatiques dans la région, et d’offres de formation continues plus grand public en e-learning,

 • Financement de projets pilotes d’adaptation dans le secteur du développement rural et de l’agriculture résiliente à travers le lancement d’un appel à projets.

 

Télécharger le dépliant de présentation du projet
 

Dans l'actualité du projet...

Appel à propositions « Innovations pour une agriculture familiale intelligente face au changement climatique en Afrique de l’Ouest - GCCA+ Afrique de l’Ouest (GCCA+ AO) »

Appel à candidatures pour un atelier de formation pour journalistes africains

Le 16 octobre 2019, dans le cadre de la journée des initiatives du sommet Climate Chance Afrique, se tiendra l'atelier de formation pour journalistes africains. L'appel à candidatures est ouvert du 23 au 30 septembre ! En savoir plus sur le site du sommet Climate Chance.

Une coordination étroite entre Expertise France, la CEDEAO et le CILSS


Ce projet est mis en œuvre par Expertise France sous le leadership de la Commission de la CEDEAO, en collaboration avec le CILSS.

Expertise France a monté une unité régionale de coordination du projet (UCP), hébergée au sein de l’Agence régionale pour l’agriculture et l’alimentation (ARAA) de la CEDEAO. Basée à Lomé (Togo), l'ARAA a le mandat de suivre et appuyer la mise en œuvres de projets régionaux sous portage de la CEDEAO.

Le projet disposera également d’un ancrage directement au sein de la Commission de la CEDEAO à Abuja, en lien direct avec l’UCP, par la présence d’un assistant technique sur la finance climat.

Par ailleurs, dans le cadre de la mise en œuvre du projet Expertise France est en train de signer deux conventions de partenariats : l'une avec la CEDEAO pour l’hébergement de l’UCP au sein de l’ARAA et la gouvernance du projet, et l’autre avec le CILSS pour la mise en œuvre d’une partie des activités relevant de la production scientifique.

Un diagnostic sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris dans la région


Dans le cadre de la phase de préfiguration, Expertise France a réalisé une étude de diagnostic pour obtenir un panorama régional sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris et identifier les leviers à actionner auprès des institutions régionales et des pays pour faciliter celle-ci.

Le rapport a notamment souligné le besoin de :

• Mobiliser plus de financements, à la fois publics et privés ;

Vulgariser les sujets « climat » ;

• Renforcer les outils de suivi de la mise en œuvre des engagements climat ;

• Renforcer les capacités de recherche et de production scientifique dans la région.

 

 

 

Résumé exécutif du diagnostic

Télécharger le diagnostic complet

Entre l’ère préindustrielle (1850-1890) et aujourd’hui, la température moyenne mondiale a augmenté de plus de 1°C. Les impacts attendus sur les territoires sont multiples – accroissement du stress hydrique, désertification, raréfaction des ressources naturelles, érosion des sols, etc. – et constituent des obstacles à l’atteinte des 17 ODD. L’Accord de Paris (AP) pose les bases indispensables à une gouvernance mondiale assurant la cohérence entre les engagements internationaux et les politiques publiques mises en œuvre aux échelles nationale et locale, à travers un outil commun aux 180 pays parties : la contribution déterminée au niveau national (CDN), qui doit refléter les engagements d’atténuation et d’adaptation, à leur plus haut niveau d’ambition compte tenu des circonstances de chaque pays.

Accord dit « dynamique » et basé sur un cadre de transparence dont les modalités sont encore en discussion, les règles qui seront définies en matière de révision des CDN et de mesure, rapportage et vérification de l’atteinte des engagements, s’appliqueront de façon universelle, avec toutefois une flexibilité pour les pays en développement.

Le continent africain se situe au cœur des enjeux du changement climatique de cette première moitié de 21ème siècle, à la fois sur le volet de l’atténuation, compte tenu de sa croissance économique et démographique forte, que sur le plan de l’adaptation, compte tenu des impacts du changement climatique que l’on peut d’ores et déjà observer, mais aussi des importants défis de développement et de lutte contre la pauvreté affectant de nombreux pays d’Afrique.

Pour autant, les pays du continent africain, et en particulier les PMA (11 des 17 pays ciblés dans le cadre ce diagnostic), restent insuffisamment financés, outillés et accompagnés pour faire face au défi et pour créer l’environnement favorable à la mise en œuvre des CDN. Or, les 17 pays de la zone CEDEAO + CILSS (Bénin, Burkina Faso, Cap Vert, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Liberia, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, Tchad, Togo, Sénégal, Sierra Leone) ont tous pris des engagements au titre de leur 1ère CDN entre 2015 et 2018, pour un total de potentiel de réductions d’émissions de l’ordre de 900 MtCO2 à horizon 2030. Mais ce potentiel de réduction reste très théorique, car conditionné pour l’essentiel à l’afflux de finance climat internationale, encore très limitée, malgré des progrès récents. En outre, plusieurs barrières liées aux modalités de pilotage et au suivi-évaluation des engagements, à la déclinaison en politiques publiques et réglementations sectorielles, à l’accès aux techniques et technologies adéquates, etc. freinent cette mise en œuvre. Mais la situation n’est pas homogène dans les 17 pays, et l’existence de « champions climat ouest-africains » avérés peut tout autant constituer une force qu’une potentielle menace pour l’intégration régionale.

Par ailleurs, cinq des dix pays les plus vulnérables au monde font partie des pays concernés par le programme GCCA+ Afrique de l’Ouest et les vulnérabilités futures face au climat des communautés ouest-africaines seront contrastées, comme le sont les climats d’aujourd’hui dans ce vaste territoire ouest-africain. Si cette complémentarité agro-écologique est aujourd’hui un atout, l’exacerbation des contrastes climatiques et la dégradation générale des conditions de pluviométrie plaident pour un renforcement des cadres de coopération régionaux.

Les secteurs prioritaires des CDN de la région portent sur des secteurs sur lesquels les institutions régionales sont déjà actives (agriculture, usage des terres, énergie). Ainsi, compte tenu de leur mandat d’intégration régionale, la CEDEAO et les institutions régionales partenaires (CILSS, UEMOA) peuvent naturellement contribuer à la mise en œuvre de l’AP à travers 5 types d’actions :

1. La mutualisation des efforts en vue de créer des économies d’échelle, par exemple sur les sujets relatifs à l’acquisition, au traitement et à l’analyse de données climat, mais aussi en vue de traiter des problématiques « de niche » qui ne peuvent être prises en charge de façon individuelle par chaque Etat (recherche, formation) ;

2. La mutualisation des efforts en vue de consolider un leadership politique régional, notamment dans le cadre des négociations climat, mais aussi la mobilisation de financements ;

3. La constitution de plateformes d’échanges régionales d’informations et d’expériences, en vue de favoriser la solidarité régionale ;

4. L’utilisation du dispositif réglementaire communautaire pour suggérer (directives) ou imposer (règlements) des évolutions vers des trajectoires de développement bas carbone et résilientes ;

5. Des interventions spécifiques au niveau national en vue de décliner des orientations régionales dans les politiques publiques et réglementations nationales, sur demande des Etats membres.