La sécurité avant tout : Expertise France forme 288 pêcheurs kenyans

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Afrique subsaharienne
Au cours des derniers mois, Expertise France, en collaboration avec le service des garde-côtes kenyans et avec le soutien financier de l'Union européenne, a formé 288 pêcheurs kenyans de 18 unités de gestion de plage différentes aux techniques de sauvetage de base et aux conditions de travail sûres. En plus d'acquérir de nouvelles compétences et connaissances en matière de sécurité, chaque pêcheur a reçu un gilet de sauvetage et une pochette étanche pour son téléphone, au cas où il aurait besoin d'appeler à l'aide. Les formations font partie du volet "sécurité maritime" du projet "Go Blue", une initiative conjointe visant à faire progresser le programme de l'économie bleue dans six comtés côtiers du Kenya.

La pêche est l'un des métiers les plus dangereux au monde

"Autrefois, lorsque nous chavirions en mer, chacun nageait pour se mettre à l'abri. Mais maintenant, j'ai appris qu'il est très important de se sauver soi-même et de sauver la vie des autres", explique Emmanuel Musuko, un pêcheur de l'unité de gestion de la plage de Kilifi. "Nous n'avions pas les compétences nécessaires pour aider les autres en mer, mais cette formation nous a beaucoup aidés. La plupart d'entre nous portaient mal leur gilet de sauvetage, ce qui rendait son utilisation difficile dans l'eau. Aujourd'hui, on nous a montré comment bien l'utiliser dans l'eau", poursuit-il.

 

En août 2021, Expertise France a mené une enquête de terrain auprès de 18 Beach Management Units (BMUs) sur la côte kenyane, révélant que trop d'accidents concernant la communauté des pêcheurs se soldent par des décès. Les BMU sont des organes relevant de la loi sur la pêche qui rassemblent les pêcheurs, les propriétaires de bateaux, les négociants en poisson et d'autres personnes pour superviser les stations de débarquement du poisson et la gestion des ressources marines. L'enquête a mis en évidence la nécessité d'une formation à la sécurité pour les pêcheurs, afin de leur enseigner les techniques de survie de base et les conditions de travail sûres qui peuvent réduire considérablement les accidents en mer.

"Dans le passé, je n'ai jamais utilisé de gilet de sauvetage. Même jusqu'à aujourd'hui, je n'en utilisais pas. La plupart d'entre nous n'avaient pas les connaissances nécessaires pour faire face à une noyade, et nous ne savions pas non plus comment lancer des bouées de sauvetage. Nous ne savions pas non plus comment sauver une personne qui se noie en mer", explique Feswal Lali, un pêcheur appartenant à l'unité de gestion de la plage de Watamu. "Mais à partir de maintenant, ce gilet de sauvetage que nous avons reçu, je jure que je le porterai jusqu'à mon dernier souffle. Je ne le laisserai jamais à la maison lorsque je partirai pêcher en mer. C'est ma bouée de sauvetage à partir d'aujourd'hui".

 

 

Formation à la sécurité pour les pêcheurs : acquérir de nouvelles compétences tout en sensibilisant au domaine maritime

"En partenariat avec les garde-côtes kényans, nous menons ces formations dédiées aux communautés de pêcheurs pour répondre à leurs préoccupations en termes de sécurité", explique Mikael Delrue, chef d'équipe pour la composante sécurité maritime de Go Blue. "Au-delà des formations, nous souhaitons mettre en œuvre un programme de surveillance communautaire dans le cadre duquel la communauté des pêcheurs, lorsqu'elle sort en mer, peut contribuer à prévenir les problèmes de pollution, les activités de pêche illégale et les événements de recherche et de sauvetage", ajoute-t-il.

Ce partenariat est une approche gagnant-gagnant pour toutes les parties prenantes engagées. Les communautés de pêcheurs profitent des formations pour améliorer leur sécurité et, en retour, elles partagent des informations lorsqu'elles sont en mer. L'objectif final est de mettre en place un projet de collecte de données sur la connaissance du domaine maritime pour soutenir les garde-côtes kenyans.

"Les garde-côtes kenyans visent à renforcer et à améliorer l'application des lois et des règlements qui s'appliquent aux eaux territoriales kenyanes", explique Deborah Karimi Muchai, un sergent travaillant pour le service des garde-côtes kenyans. "En nous engageant auprès des unités de gestion des plages, nous faisons comprendre aux pêcheurs que l'intérêt des garde-côtes kenyans est de s'assurer qu'ils mènent leurs activités de pêche de manière sûre et sécurisée", poursuit-elle.

Aller de l'avant : déploiement d'un cours de formation à la sécurité des pêcheurs sur toute la côte kenyane

"En tant qu'unité de gestion de la plage de Kilifi, nous sommes très privilégiés d'avoir reçu une telle formation", déclare Henry Mzungu, président de l'unité de gestion de la plage de Kilifi. "Bien que seul un petit groupe de 16 membres ait été formé, nous pouvons sensibiliser et responsabiliser nos collègues pêcheurs grâce aux connaissances et aux compétences acquises. Lorsque nous tiendrons nos réunions, nous dirons aux pêcheurs que lorsque vous sortirez en mer, vous saurez désormais comment porter correctement un gilet de sauvetage et disposer de tous les équipements de pêche appropriés", conclut-il.

Les comtés côtiers du Kenya comptent au total 98 unités de gestion des plages, qui sont considérées comme l'épine dorsale de la cogestion de la pêche dans le pays. Au cours des prochains mois, Expertise France et le Service des gardes-côtes kenyans déploieront le cours de formation à la sécurité dans d'autres BMU réparties dans les comtés côtiers du Kenya, dans le but de faire bénéficier environ 1 600 à 2 000 pêcheurs.

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